Si la ville est le lieu de réalisation des images, il n’y a pas de volonté de documenter ni l’intention de porter un regard critique sur l’espace urbain.
André Cepeda parle souvent de la ville comme d’une personne ou d’une expérience vécue: comme il l’afirme, il s’agit pour lui de matérialiser ses sentiments et de poser avec la photographie les questions qu’il se pose sur la vie.
Il photographie ce qui l’opprime et lui fait froid au coeur: le manque de nature, les comportements machinaux, le caos, ce qui le repousse, mais aussi ce qu’il veut attiendre.
Il joue avec les espaces, il extrait, cadre et tente de se réaproprier le réel en structurant le chaos.
Ses sujets sont toutes ces choses “données” à la ville et puis oubliées, ce sont ces rencontres furtives, ces croisements plus visuels que physique.
Les photographies sont en couleur, de grand format, allant du paysage urbain des tableaux médicaux en passant par le portrait. C’est un travail sans répétitions, et chaque image parle de choses apparament différents.
On l’aura compris, André Cepeda photographie tous les sujets que l’on trouve dans une ville, mais toujours avec le souci de conserver dans les images (et dans la juxtaposition des images) une part de mystére. Il ne veut pas tout nous dire, mais bien perturber quelque peu notre habitude de voir et concevoir la photographie pour laisser l’occasion à notre imagination de rentrer en action.

Jean - Louis Godefroid
Directeur de l’Espace Photographique Contretype, Bruxelles